Un disjoncteur qui chauffe dans un local technique, un bloc d’éclairage de sécurité hors service, un rapport de vérification introuvable le jour de la visite, et c’est tout un commerce qui risque un avis défavorable. La mise en conformité électrique ERP n’est pas une formalité administrative, c’est une obligation de sécurité qui pèse directement sur l’exploitant.
Entre le règlement de sécurité incendie, l’arrêté du 25 juin 1980 modifié et la norme NF C 15-100, il est facile de s’y perdre. Ce guide fait le point sur les obligations réelles, la fréquence des contrôles, les points vérifiés, le budget à prévoir et les conséquences d’une non conformité, pour que vous puissiez préparer sereinement votre prochaine commission de sécurité.
Mise en conformité électrique ERP, obligations et prix
Temps de lecture : ~8 min
- Qu’est ce que la mise en conformité électrique d’un ERP ?
- Quelles sont vos obligations en tant qu’exploitant ?
- Le contrôle électrique ERP est il obligatoire et à quelle fréquence ?
- Qui peut réaliser un diagnostic électrique dans un ERP ?
- Que vérifie concrètement un diagnostic électrique ERP ?
- L’éclairage de sécurité ERP, le point le plus souvent sanctionné
- Commission de sécurité et sanctions en cas de non conformité
- Combien coûte une mise en conformité électrique ERP ?
- Les documents à conserver dans le registre de sécurité
- Comment choisir votre prestataire
- Construire une mise en conformité électrique ERP durable
- Questions fréquentes
Qu’est ce que la mise en conformité électrique d’un ERP ?
Définition d’un établissement recevant du public
Un établissement recevant du public désigne tout bâtiment accueillant des personnes extérieures, qu’il s’agisse d’un magasin, d’un restaurant, d’un hôtel, d’un cabinet médical, d’une salle de sport ou de bureaux ouverts à la clientèle. La mise en conformité électrique consiste à vérifier l’installation existante, puis à corriger les écarts constatés afin que l’ensemble réponde au règlement de sécurité contre les risques d’incendie et de panique, aux règles applicables aux installations électriques, aux exigences d’éclairage de sécurité et aux prescriptions propres au type et à la catégorie de l’établissement.
Objectif de la mise en conformité électrique ERP
Le principe fondateur est simple : les installations électriques d’un ERP doivent être conçues et réalisées de manière à prévenir tout risque d’incendie ou d’explosion d’origine électrique. Les installations réalisées conformément à la norme NF C 15-100 bénéficient d’une présomption de conformité pour les exigences concernées, mais cela ne dispense jamais du respect des règles spécifiques aux ERP. C’est l’erreur la plus fréquente que nous rencontrons chez les gérants, croire qu’un tableau refait aux normes suffit à passer la commission.
Quelles sont vos obligations en tant qu’exploitant ?
Responsabilités générales de l’exploitant d’ERP
L’exploitant doit garantir la sécurité des occupants et le bon fonctionnement des installations de l’établissement, en particulier les installations électriques, le chauffage, la ventilation et les équipements de sécurité incendie. Cette responsabilité comprend aussi la capacité à présenter les documents justificatifs lors d’un contrôle administratif ou d’une visite de commission.

Deuxième obligation souvent négligée : toute création, modification ou aménagement d’un ERP doit faire l’objet d’une autorisation du maire, après avis des commissions compétentes de sécurité et d’accessibilité. Concrètement, si vous déplacez des cloisons, créez une mezzanine, changez d’activité ou modifiez substantiellement votre installation électrique, vous ne pouvez pas lancer les travaux sans autorisation préalable. Le dossier déposé comprend généralement une notice descriptive de sécurité, des plans, les caractéristiques des installations électriques, les dispositifs d’alarme, l’éclairage de sécurité, le désenfumage et les moyens de secours.
Enfin, les exigences dépendent du type d’ERP, qui correspond à l’activité exercée, et de la catégorie, déterminée notamment par l’effectif maximal accueilli. La présence de locaux à risques particuliers, comme une réserve, une cuisine ou une chaufferie, modifie également les prescriptions. Aucune analyse sérieuse ne peut donc partir de la seule superficie du bâtiment.
Bon à savoir
Avant tout devis, identifiez votre type et votre catégorie d’ERP, ainsi que l’effectif maximal retenu. Ces deux informations conditionnent l’étendue des vérifications, les obligations d’éclairage de sécurité et, in fine, le montant des travaux.
Le contrôle électrique ERP est il obligatoire et à quelle fréquence ?
Fréquence minimale des vérifications électriques ERP
Oui, la vérification électrique ERP est obligatoire. Les installations doivent faire l’objet de vérifications par un organisme de contrôle agréé ou par des techniciens qualifiés selon les cas, et ces vérifications peuvent porter sur l’électricité, l’éclairage, l’alarme, le chauffage, le désenfumage, le gaz, les ascenseurs et les moyens de secours.
Pour les ERP des catégories 1 à 4, les règles de vérification périodique s’appuient notamment sur les articles GE 9, GE 10 et EL 19 de l’arrêté du 25 juin 1980 modifié. En pratique, la vérification périodique de l’installation électrique est réalisée au moins une fois par an. La fréquence exacte dépend toutefois de la catégorie et du type d’établissement, de la nature des installations, des observations formulées lors des contrôles précédents et des éventuelles demandes de la commission de sécurité. Le relevé de vérification électrique doit ensuite être annexé au registre de sécurité et présenté lors de la visite.
Qui peut réaliser un diagnostic électrique dans un ERP ?
Rôles de l’organisme de contrôle, de l’électricien et de l’exploitant
Il faut distinguer trois rôles, souvent confondus. L’organisme de contrôle agréé, dont les compétences sont encadrées et dont certains sont accrédités par le Comité français d’accréditation, vérifie l’installation et émet un rapport de vérification électrique ERP opposable. L’électricien ou l’entreprise spécialisée réalise les travaux correctifs et les essais associés. L’exploitant, lui, organise la maintenance, conserve les justificatifs et assure le suivi dans le temps.
Un même prestataire ne remplace pas automatiquement un organisme habilité. Le devis doit donc préciser exactement la nature de la prestation commandée, diagnostic préalable, travaux de mise aux normes électriques ERP ou vérification réglementaire. De notre côté, nous intervenons sur le volet travaux et sur le diagnostic préalable permettant de chiffrer précisément les corrections, puis nous coordonnons le passage de l’organisme de contrôle pour la levée des observations.
| Prestation | Objectif | Réalisée par | Document produit |
|---|---|---|---|
| Diagnostic préalable | Identifier les écarts et chiffrer les travaux | Entreprise d’électricité qualifiée | Rapport d’état des lieux et devis détaillé |
| Vérification périodique | Contrôler le maintien en sécurité de l’installation | Organisme de contrôle agréé ou technicien qualifié | Rapport de vérification annexé au registre de sécurité |
| Travaux de mise en conformité | Corriger les non conformités et les dangers | Entreprise d’électricité | Procès verbaux d’essais, schémas mis à jour, factures |
| Attestation de conformité | Permettre la mise sous tension d’une installation neuve | Installateur, visa de l’organisme compétent | Attestation de conformité type Consuel |
Que vérifie concrètement un diagnostic électrique ERP ?
Principaux éléments contrôlés lors d’un diagnostic électrique ERP
Le contrôle ne se limite pas au tableau général basse tension. Il balaie l’ensemble de la chaîne, depuis l’arrivée jusqu’aux équipements de sécurité, et classe les constats par niveau d’urgence, danger immédiat, non conformité réglementaire, défaut de maintenance ou simple recommandation.
Les points les plus fréquemment examinés lors d’une vérification périodique d’installation électrique ERP sont les suivants :
- Le tableau général basse tension et les tableaux divisionnaires, leur accessibilité et leur signalisation
- Les dispositifs de protection contre les surintensités et les dispositifs différentiels, avec essai de déclenchement
- La mise à la terre et la continuité des conducteurs de protection
- L’état des câbles et canalisations, le repérage des circuits, la protection contre les contacts directs et indirects
- Les locaux à risques particuliers et les locaux de service électrique
- L’éclairage normal, l’éclairage de sécurité et les blocs autonomes d’éclairage de sécurité
- L’alimentation électrique de sécurité et les circuits alimentant le système de sécurité incendie
- Les signes de surcharge, d’échauffement anormal ou de raccordement défectueux
La réglementation impose également de pouvoir fournir des plans identifiant l’emplacement des locaux de service électrique, les principaux tableaux et le cheminement des canalisations. Un dossier technique incomplet allonge mécaniquement la durée du contrôle et le coût de la remise en conformité.
L’éclairage de sécurité ERP, le point le plus souvent sanctionné
L’éclairage de sécurité est le sujet qui revient le plus souvent dans les observations de commission. Il doit permettre l’évacuation des occupants, le balisage des sorties et des cheminements, la visibilité des obstacles, l’accès aux moyens de secours et la mise en sécurité des personnes en cas de défaillance de l’éclairage normal. Les escaliers, les circulations horizontales dépassant certaines caractéristiques et certaines salles doivent en être équipés, et les blocs autonomes utilisés doivent respecter les normes applicables et disposer des certifications requises.

L’obligation ne s’applique pas uniformément à tous les établissements, elle dépend du type, de la catégorie et de la configuration des locaux. En revanche, dès qu’un éclairage de sécurité est exigé, son maintien en état de fonctionnement relève de la maintenance régulière, et les essais doivent être tracés. Les installations de sécurité concernées doivent par ailleurs être alimentées par une alimentation électrique de sécurité conforme lorsque le règlement l’impose.
Commission de sécurité et sanctions en cas de non conformité
Lorsque la commission constate des manquements, elle formule des observations et peut émettre un avis défavorable à la poursuite de l’exploitation. Cet avis est transmis à l’autorité de police, le maire, qui peut mettre en demeure l’exploitant de réaliser les travaux dans un délai imparti et, dans les situations les plus graves, prononcer une fermeture administrative. Au delà du risque juridique, un avis défavorable affecte la couverture assurantielle en cas de sinistre d’origine électrique et met en cause la responsabilité du dirigeant.
La bonne pratique consiste à ne jamais laisser une observation sans réponse. Chaque point relevé doit faire l’objet d’une correction documentée, puis d’un justificatif de levée des observations versé au registre de sécurité ERP. C’est ce dossier, et non la seule bonne volonté, qui est examiné lors de la visite suivante.
Important
Les travaux de mise en conformité électrique ERP concernent souvent des parties communes ou des éléments immobiliers. La répartition entre propriétaire et exploitant dépend du bail, à vérifier avant d’engager les dépenses.
Combien coûte une mise en conformité électrique ERP ?
Il faut dissocier deux budgets. Celui du contrôle d’abord, le prix moyen d’un diagnostic réalisé par un bureau de contrôle électrique se situe selon les professionnels du secteur entre 300 et 450 euros hors taxes, en fonction de la surface, du nombre de tableaux et des caractéristiques de l’établissement. Celui des travaux ensuite, qui n’a aucun rapport avec le premier.
Le montant des travaux varie selon le nombre de circuits, l’accessibilité des installations, l’ancienneté du bâtiment, l’état des plans et schémas, le nombre d’anomalies relevées, la complexité de l’éclairage de sécurité et la nécessité d’intervenir en site occupé. Un établissement bien entretenu s’en tire avec quelques corrections ponctuelles, remplacement de dispositifs différentiels, reprise de la mise à la terre, repérage des circuits, remplacement de blocs autonomes. Un local ancien jamais rénové peut nécessiter un remplacement complet du tableau général basse tension, la séparation de circuits surchargés et la reprise des alimentations de sécurité. Méfiez vous donc des prix affichés au mètre carré, ils ne veulent rien dire sur un ERP.
Ce qui compte, c’est la lisibilité du devis. Il doit détailler les travaux par zone, les équipements remplacés et leurs références, les mesures et essais prévus, la fourniture des schémas mis à jour, le délai d’intervention, les coupures électriques nécessaires et leurs plages horaires, les essais de réception et les garanties. Chez GPS Electricité, nous répondons sous 24 heures aux demandes de devis professionnels et nous planifions les interventions en dehors des heures d’ouverture quand la continuité d’activité l’exige, pour éviter toute fermeture de votre commerce. Notre page dédiée à la rénovation électrique détaille notre méthode, et vous pouvez nous joindre directement via la page contact du site.
Les documents à conserver dans le registre de sécurité
Le registre de sécurité est le premier document demandé lors d’une visite. Il doit contenir les relevés et rapports de vérification utiles au suivi de l’établissement, ainsi que l’historique des interventions. Avant un contrôle, réunissez les éléments suivants :

- Le classement de l’ERP, type et catégorie, et l’effectif maximal retenu
- Les plans à jour et les schémas électriques
- Les rapports de vérifications électriques précédents et les justificatifs de levée des observations
- Les procès verbaux de commission de sécurité
- Les attestations de conformité disponibles, notamment pour les installations neuves
- Les rapports de maintenance de l’éclairage de sécurité, de l’alarme et du système de sécurité incendie
- Les factures et certificats des entreprises intervenantes
À noter, une nouvelle installation électrique définitive raccordée au réseau public doit faire l’objet, avant sa mise sous tension par le distributeur, d’une attestation de conformité aux prescriptions de sécurité applicables. Cette démarche ne se confond pas avec la vérification périodique d’une installation existante, la première conditionne la mise en service, la seconde assure le suivi dans la durée.
Comment choisir votre prestataire
Les critères qui comptent sont l’expérience sur votre type d’ERP, la qualification des intervenants, la capacité à produire des documents exploitables par la commission de sécurité, l’assurance responsabilité civile professionnelle, la clarté du devis et la distinction explicite entre diagnostic, travaux et contrôle final. Ajoutez la disponibilité en dehors des horaires d’ouverture, la mise à jour des schémas et du registre, le délai de remise des documents et les conditions de maintenance.
Nous intervenons sur Dijon, Chenôve, Longvic, Quetigny, Marsannay la Côte, Chevigny Saint Sauveur, Genlis, Beaune et Nuits Saint Georges, aussi bien pour des travaux de mise en conformité que pour du dépannage électrique en urgence. Un interlocuteur unique suit votre dossier du diagnostic jusqu’à la remise des attestations, et reste joignable ensuite pour la maintenance annuelle de vos équipements de sécurité.
Construire une mise en conformité électrique ERP durable
La conformité électrique d’un ERP ne se joue pas le jour de la commission, elle se construit sur un cycle, diagnostic, travaux correctifs, essais, vérification périodique, archivage. Identifier son type et sa catégorie, faire contrôler l’installation au moins une fois par an, entretenir l’éclairage de sécurité et tenir un registre de sécurité complet suffisent à écarter l’essentiel du risque. Pour les points techniques, un devis détaillé et un planning compatible avec votre activité valent mieux qu’une intervention dans l’urgence après un avis défavorable.
FAQ
Un ERP de 5e catégorie est il soumis aux mêmes vérifications qu’un ERP de 1re catégorie ?
Non. Les règles de vérification périodique prévues par les articles GE 9, GE 10 et EL 19 de l’arrêté du 25 juin 1980 modifié visent principalement les établissements des catégories 1 à 4. Les ERP de 5e catégorie restent soumis à une obligation générale de sécurité et d’entretien des installations, avec des prescriptions allégées qui dépendent de l’activité et de la présence de locaux à sommeil.
Faut il arrêter l’activité pendant les travaux de mise en conformité ?
Pas nécessairement. La plupart des opérations se phasent par zone, avec des coupures planifiées en dehors des heures d’ouverture. Le point à valider en amont est la durée des coupures sur les circuits sensibles, chambres froides, serveurs, systèmes d’alarme, car ils conditionnent l’ordre des interventions.
Un rapport de vérification avec des observations signifie t il que l’établissement doit fermer ?
Non. La plupart des rapports comportent des observations, classées par gravité. Seuls les constats révélant un danger immédiat pour les personnes imposent une action sans délai. Les autres font l’objet d’un plan de correction, à documenter avant la visite suivante.
Qui conserve le registre de sécurité en cas de location du local ?
C’est l’exploitant de l’établissement qui le tient à jour et le présente lors des contrôles, même lorsqu’il n’est pas propriétaire des murs. Le bail précise en revanche qui finance les travaux structurels, point à clarifier dès la réception d’un rapport défavorable.
Une installation refaite récemment peut elle être jugée non conforme en ERP ?
Oui. Une installation réalisée selon la norme NF C 15-100 bénéficie d’une présomption de conformité sur les exigences concernées, mais les prescriptions spécifiques aux ERP, éclairage de sécurité, alimentations de sécurité, locaux à risques particuliers, s’appliquent en plus. Un tableau neuf ne garantit donc pas à lui seul un avis favorable.